Coronavirus: quand il faut accoucher sans péridurale et seule

Mis à jour : avr. 20

Une de mes amies m’a appelée hier pour prendre des nouvelles. Elle vit à Paris, nous à l’étranger. Elle me parle alors de sa belle-sœur sur le point d’accoucher avec un moral en berne. Elle m’explique que la maternité l’a prévenue qu’elle accoucherait peut-être seule afin de limiter le risque de propagation du coronavirus et sans péridurale, si aucun anesthésiste n’est disponible. La double peine.


Je voudrais ici rassurer toutes les femmes dans cette situation, particulièrement celles qui ont peur d’accoucher sans péridurale et rappeler que l’accouchement est un processus naturel. Le corps produit naturellement de l’ocytocine, hormone qui permet les contractions mais qui est aussi l’hormone de l’amour et de l’attachement. Il sécrète aussi de l’endorphine qui atténue la douleur de la parturiente et permet de la supporter sur la longueur. Ce cocktail savamment dosé et généré par le corps permet d’accoucher de la meilleure manière qu’il soit. Lorsqu’on intervient dans ce processus naturel, par exemple en faisant une péridurale ou en injectant de l’ocytocine de synthèse, on casse l’alchimie hormonale parfaite produite par le corps et bien souvent une série de gestes médicaux en cascade s’en suivent.


"Chaque femme doit avoir le choix"


Je ne suis pas là pour décrier la péridurale. Chaque femme doit avoir le choix. Mais si, lors de votre accouchement, vous n’avez pas ce choix, je veux vous dire que vous SAVEZ ACCOUCHER, même si c’est la première fois. Votre corps SAIT ACCOUCHER. Vous avez cette toute puissance en vous qui ne nécessite pas la main de l’homme dans l’immense majorité des cas. L’important est de se faire confiance et de faire confiance à votre bébé car vous êtes deux dans la même aventure. Prenez conscience de votre IMMENSE POTENTIEL. Je vous assure que VOUS ALLEZ Y ARRIVER!


Par ailleurs, il me semble utile de rappeler qu’il y a bien des choses que l’on ne maîtrise pas dans notre accouchement. Ni nous, ni le personnel soignant. Certaines imagineront accoucher par voie basse et pourtant une césarienne sera décidée au vue des contractions mal supportées par le bébé. Une autre voudra absolument la péridurale mais arrivera trop tard à la maternité. Cinq minutes après son arrivée et quelques poussées plus tard, elle tiendra déjà son bébé dans ses bras.


Ce que je veux dire, c’est qu’il y a de nombreux paramètres hors de notre contrôle, même en situation normale non épidémique. On a beau avoir préparé son accouchement, s’être projetée, il y a une part d’incertain qu’il faut accepter.


Si vous pensez, que du fait du coronavirus, vous n’allez pas pouvoir bénéficier de péridurale, je vous répondrais que premièrement, cela n’est pas certain. Deuxièmement, il est possible que dans une situation normale de fonctionnement des hôpitaux, vous auriez finalement choisi d’accoucher sans péridurale ! J’en suis un bon exemple. Lors de mon accouchement, je n’étais pas fermée à la péridurale et pourtant, j’ai choisi d’accoucher sans et n’ai pas regretté une seconde ! Il y a d’un côté ce que vous avez imaginé de votre accouchement. Et il y aura ce que vous ferez en fonction de la réalité qui sera la vôtre.


Ce qui est certain, c’est que vos pensées auront un rôle déterminant dans vos émotions.


Si vous vous dîtes que sans péridurale, ça va être horrible et insupportable, vous risquez probablement de mal vivre votre accouchement. Mais vous pouvez aussi choisir de penser, que parce que vous ne serez pas anesthésiée, vous serez en pleine conscience de ce qui se passe dans votre corps et que vous pourrez mieux accompagner votre bébé dans son cheminement jusqu’à sa naissance. En d’autres termes, vous pouvez retourner une situation anxiogène en quelque chose de positif et d’apaisé et vivre une expérience incroyable.


Vous avez bien sûr le droit dans un premier temps d’être dans l’inquiétude, la colère et la frustration. Mais la meilleure chose à faire dans un second temps est d’accepter la situation et de lâcher prise. Pour ce faire, vous pouvez poser sur le papier tous vos ressentis afin de pouvoir vous en distancer.


Plus vous serez dans un état d’esprit positif, en lien avec votre bébé, en symbiose avec ce qui se passe dans votre corps, consciente de VOTRE EXTRAORDINAIRE POTENTIEL et plus vous profiterez de ce moment absolument exceptionnel.

CROYEZ-EN-VOUS !


Rappelez-vous aussi que dans bien des pays, on ne propose pas de péridurale. Et ce ne sont pas des pays avec des structures de santé défaillantes ! Par exemple en Australie. Je vous invite, à ce sujet, à écouter Alix Carnot dans le deuxième épisode de Gloria Mama sur l’expatriation et la maternité.

https://www.gloriamama.com/vos-recits/episode/1fa43469/ep-2-maternite-et-expatriation-par-alix-carnot

Alix s’est complètement fondue dans le moule australien où on ne propose pas de péridurale. Non loin de la France, en Grande Bretagne, 4 femmes sur 5 accouchent sans péridurale. En Allemagne, moins de 20% des femmes choisissent une péridurale. La manière d’accoucher est avant tout une histoire de culture.


Je finirai, une fois n’est pas coutume, en poussant un "coup de gueule". Depuis les années 60-70, accoucher à l’hôpital est devenu la norme. Or c’est aujourd’hui un lieu à risques pour les femmes enceintes (du moins, c’est le discours tenu). Pourtant, les priver de leurs compagnons/compagnes ou les inquiéter de cette éventualité n’est franchement pas le plus judicieux. Les femmes qui accouchent ont besoin de se sentir en sécurité et en confiance. C’est nécessaire à la production d’ocytocine et d’endorphine et au bon déroulement de l’accouchement.


Si en France, les femmes pouvaient facilement accoucher à domicile ou dans des maisons de naissance non accolées à des hôpitaux, les parturientes ne seraient pas dans cette situation de stress à l’heure du coronavirus.


Il est à espérer que nos politiques tireront les leçons de cet épisode : les femmes doivent avoir le choix du lieu et des conditions de leur accouchement.

LA NAISSANCE DE LEUR ENFANT DOIT ETRE RESPECTEE.

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Diane Léonor a écrit un premier livre « Deux corbeaux et une cigogne » à paraître aux Éditions Michalon. Elle y raconte le vécu de fausses couches consécutives et l’accompagnement des soignants. Mais aussi le bonheur de la grossesse et d’un accouchement choisi.

Pour aider les couples, elle a créé le site Gloria Mama où on retrouve les enjeux et les messages clefs de son histoire ainsi qu’un podcast du même nom. Florilège de témoignages de femmes du monde entier et d’interviews de professionnels, elle invite à s’interroger sur ce que les femmes souhaitent pour que leur grossesse et accouchement restent des moments uniques de leur vie, vécus de manière positive et respectés par le corps médical.

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Image Pixabay: Boris Trost

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