Confinement et remise en cause du projet de naissance

De la maison de naissance à New-York aux pieds dans les étriers à Casablanca


Une de mes bonnes amies est enceinte de huit mois. Nous avions l’habitude de nous balader avec nos bambins, une fois par semaine, dans les quartiers chics de Casablanca, histoire de leur faire prendre l’air et de voir un peu de verdure. Et nous, de papoter.

Après avoir accouché à Casablanca par voie basse avec, sur la fin du travail, une péridurale, mon amie réfléchissait à une autre manière d’accoucher. Cette fois sans péridurale et plus physiologique. Difficile de trouver ce genre de prestations ici, où le taux de césarienne avoisine les 50%.

Rappelons que l’Organisation Mondiale de la Santé considère qu’un taux de césarienne supérieur à 10% n’est pas associé à une réduction des taux de mortalité maternelle et néonatale. La majorité des césariennes sont donc dîtes « de confort » ou imposées par le gynécologue pour le bienfait du bébé et de la maman. Mais soyons clair, malheureusement, dans bien des cas, les conséquences positives d’un tel acte sont surtout pour son portefeuille. On n’accouche en effet pas gratuitement ici. Et une césarienne est plus chère qu’un accouchement par voie basse.

Vos poils se hérissent. Les miens aussi. Nous n’épiloguerons donc pas plus longtemps sur la marchandisation du corps des femmes.

Revenons à mon amie et aux conséquences du confinement sur sa grossesse.

Nous ne sortons plus. Nous ne nous voyons plus. Mais un rapide appel nous permet de faire le point.

Confinement égale « enfant H24 à la maison ». C’est, certes, un bonheur de pouvoir passer du temps avec son enfant, mais c’est aussi une très grande fatigue. Particulièrement quand il est dans le « terrible two ».

Qui dit « grande fatigue » dit « état de déprime ». Parfois, on voudrait simplement se mettre sous la couette, dormir et avoir du temps pour soi, rien que pour soi. Ne plus avoir à gérer les multiples emails pour occuper intelligemment notre enfant, favoriser sa motricité, son apprentissage du langage ou que sais-je. Ne plus recevoir des photos de nos copines, toujours pleine d’idées, qui ont l’air de s’en sortir à merveille, avec sourire et bonne humeur. Alors que nous, on galère !

Mais surtout, confinement égal remise en cause totale du projet de naissance.


Car mon amie devait s’envoler vers New York pour accoucher dans une maison de naissance tip top. Tout était prévu : l’appartement, l’hôpital, la sage-femme, les conditions d’accouchement : une organisation au carré. C’est aussi tout cela qui s’envole avec le confinement. Et quand on ne prévoit pas d’avoir une ribambelle d’enfants, c’est dur à accepter. A quoi bon à présent se préparer à un accouchement physiologique puisque ce sera les pieds dans les étriers ? Et comment trouvez le temps de lire sur ce thème alors qu’à la fin de la journée, l’épuisement se fait durement sentir ?

Elle me confie aussi sa difficulté à se projeter dans son accouchement alors que l’environnement est si incertain. On ne sait pas comment la situation sanitaire va évoluer, les décisions prises au niveau des hôpitaux sur la présence ou non d’un conjoint. L’impact sur les conditions de naissance : Les césariennes vont-elles bondir en ces mois de Coronavirus ?

Et clou du spectacle, le rapport à son corps a beaucoup changé par rapport à sa première grossesse. Confinée, elle a tendance à manger un peu plus. Mais c’est surtout le fait de ne pas pouvoir sortir et marcher tout son saoul, qui lui donne une sensation d’empâtement.

Last but not least, si les frontières restent fermées encore longtemps, sa famille verra pour la première fois son bébé quand il aura…quatre mois ? Six mois ?

Une naissance est un événement familial par excellence. Difficile d’être loin des siens dans ces moments-là alors qu’on les voudrait justement tout à côté.

Maintenant qu’on a dit tout cela, on reprend les choses point par point et on trouve des solutions :

La fatigue est bien présente et on a peu de temps, c’est vrai. Mais le temps, ça s’organise et ça se prend. Je vous renvoie ici à la lecture de mon article « 5 minutes pour soi à soi quand on est maman » sur le blog gloriamama.com. Etablissez un moment quotidien avec vous-même pour vous ressourcer. Un moment où vous ne serez pas dérangée. Où vous serez au calme, seule.

Le projet de naissance tombe à l’eau ? Pas forcément. S’il vous tient à cœur, continuez de vous préparer dans ce sens. Si vous vous sentez prête et sûre de vous, le gynécologue, le jour J, pourra vous répéter de vous mettre sur le dos, vous imposerez vos choix parce que vous saurez que c’est ce qu’il y a de mieux pour vous. Et une fois n’est pas coutume, il peut bien se mettre à quatre pattes !

S’il est difficile de se projeter, alors ne nous projetons pas ! Vivons au jour le jour sans peurs qui n’ont pas lieu d’être. Nous n’avons de toute manière pas tous les éléments. Il faut attendre et aviser. En revanche, mettons sur le papier toutes nos craintes et angoisses pour prendre de la distance avec elles et s’en détacher.


Enfin, soyons bienveillantes avec nous-mêmes. Ne culpabilisons pas de manger un peu plus si notre compagnon s’est soudainement mis aux fourneaux ! Je ne suis pas en train de dire qu’il faut s’empiffrer. Mais simplement d’être à l’écoute de son corps et de ses besoins. Rien ne sert de se juger trop durement. Et vos grammes en trop, vous les perdrez quand vous pousserez !

Tout ceci aura une fin. Et notre grossesse aussi. Ne passons pas à côté de ces neuf mois. Mais continuons de les savourer.

Pleurons quand cela ne va pas. Exprimons notre colère, notre désarroi quand nous en avons besoin. Demandons de l’aide !

Puis, soyons reconnaissant envers cette vie qui s’est nichée au creux de nous.

Car c’est l’essentiel.


Et vous, comment vous sentez-vous dans votre grossesse ? Quelles sont vos joies et vos craintes ? N’hésitez pas à partager vos commentaires !


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Diane Léonor a écrit un premier livre « Deux corbeaux et une cigogne » à paraître aux Éditions Michalon. Elle y raconte le vécu de fausses couches consécutives et l’accompagnement des soignants. Mais aussi le bonheur de la grossesse et d’un accouchement choisi.

Pour aider les couples, elle a créé le site Gloria Mama où on retrouve les enjeux et les messages clefs de son histoire ainsi qu’un podcast du même nom. Florilège de témoignages de femmes du monde entier et d’interviews de professionnels, elle invite à s’interroger sur ce que les femmes souhaitent pour que leur grossesse et accouchement restent des moments uniques de leur vie, vécus de manière positive et respectés par le corps médical.

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