Post accouchement, et si on en parlait?

Mis à jour : avr. 20

Et après la naissance ?


Les femmes et les couples bénéficient en France de cours de préparation à la naissance gratuits. C’est une chance, car ce n’est pas le cas dans tous les pays. Ailleurs, cela peut être payant quand ça n’est pas tout simplement…inexistant !


En France, beaucoup de femmes ont la sensation d’être bien préparées aux transformations qu’elles vivent durant leur grossesse ainsi qu’à leur accouchement. Mais post accouchement, c’est une autre histoire ! Certes, on a entendu parler de la montée de lait (et encore pas tant que cela ou pas dans des termes descriptifs de la réalité), de la chute d’hormones, de la fatigue, des pleurs du bébé, du quotidien centré désormais autour des besoins de l’enfant, de l’impact sur un couple.


Mais on n’entend pas forcément assez parler de tout ce que cela change dans notre corps.


Par exemple, si vous pensiez que post accouchement, les contractions, c’est du passé, et bien détrompez-vous ! Quelques heures après votre accouchement, elles reviennent et cela durant plusieurs jours. Pour ma part, elles survenaient particulièrement quand je mettais ma fille au sein. J’ai lu à postériori que l’allaitement induisait une sécrétion d’ocytocine, hormone qui occasionne les contractions. Tout s’explique !


Ces contractions post accouchement porte le drôle de nom de « tranchées ». Aucun poilu à l’horizon pourtant. Elles peuvent être plus ou moins bien vécues. Certaines femmes, sous péridurale durant leur accouchement, ont pu être surprises par la douleur à laquelle elles ne s’attendaient plus. Le corps se réveille doucement de l’anesthésie et les sensations peuvent alors être vécues de manière plus ou moins violentes. Les femmes césarisées les ressentent aussi. Sont-elles plus éprouvantes du fait d’un utérus cicatriciel ? A vous de me le dire.


Ne les craignez pourtant pas. Pour ma part, elles n’étaient pas très douloureuses mais surtout elles sont utiles. Elles permettent à l’utérus de reprendre sa taille et sa position d’antan. Et aux vaisseaux sanguins de se refermer et donc de limiter les saignements. Les sages-femmes y seront attentives lors de votre séjour à la maternité.


Sachez aussi que ces contractions ont tendance à s’intensifier au fur et à mesure des grossesses. Elles sont donc plus douloureuses par exemple pour un troisième enfant que pour un premier. Je vous laisse imaginer quand vous en avez quatre ou plus !


Ensuite, on continue de saigner après l’accouchement et cela pendant plusieurs semaines, avec une intensité qui s’amoindrit au fil du temps qui passe. Une amie m’avait prévenue. Ça paraît peut-être évident mais c’est mieux quand on nous le dit et quand on sait.


Un grand changement, c’est aussi celui de la perte de notre ventre ! Pendant neuf mois, notre corps s’est doucement arrondi et d’un coup, en quelques heures, plus de ventre. Le centre de gravité change de nouveau.

Pour ma part, avec mes vingt-trois heures de travail, mes hanches ont également beaucoup travaillé pour laisser passer le bébé. On m’a invité à voir un ostéopathe rapidement après ma sortie de l’hôpital. Quand l’ostéopathe a « resserrées » mes hanches, j’ai presque dû réapprendre à marcher ! Je me souviens encore de la tête de mon mari et de mes parents alors que j’essayais de me réapproprier une marche normale. L’un d’entre eux a alors dit « Ah oui, quand-même ! »


Quand on parle de changement sur le corps, on ne peut pas faire l’impasse sur la montée de lait. Mais je consacrerai prochainement sur ce sujet un article entier.


Se réapproprier son corps est un vrai enjeu après avoir accouché.


Je ne parle pas des éventuels kilos de grossesse. Mais simplement d’apprivoiser ce nouveau corps qui vient de vivre un marathon, qui a besoin de repos et de temps pour que tout se remette en place. Et parfois d’une aide extérieure. Alors demandons-la.


Et pour terminer le tableau des réjouissances, il y a aussi les douleurs pelviennes ou liées à l’épisiotomie. Pas facile de s’asseoir sans avoir mal. La cicatrisation est plus ou moins lente, avec des fils et des nœuds qui peuvent faire souffrir et qu’il est parfois utile d’enlever ou de desserrer.


Mais tout ceci peut être très bien vécu. Là encore, l’accompagnement post-accouchement est essentiel. Je suis passée à travers les filets d’un post-partum difficile. A dire vrai, tout a été assez facile et naturel. Il me semble que deux éléments ont été clefs :


  • Un accouchement, que j’ai pu, plus ou moins vivre, comme je l’entendais et dans lequel mes choix ont été globalement respectés.

  • Un accompagnement post-accouchement extraordinaire par ma sage-femme.


Agathe, mon incroyable sage-femme, a véritablement pris soin de moi. Lorsque j’allais la voir, j’y allais seule. A cette époque, j’avais la chance de pouvoir laisser ma fille à mes parents quelques heures. C’était donc un temps pour moi uniquement.


Elle m’a fait tous les soins dont j’avais besoin, a soulagé mes douleurs. Elle m’a écoutée attentivement en étant dans un échange véritable et constructif. J’adorais sa manière d’appeler un chat un chat. Elle n’était pas du genre à mâcher ses mots : La parole était très libre.


Son cabinet était plein et elle avait beau avoir du retard, elle a toujours pris le temps nécessaire, le temps dont j’avais besoin. Et surtout, elle m’a valorisée. Pendant l’heure, voire l’heure et demie ou nous étions ensemble, elle n’avait que des paroles valorisantes. Je sortais de chez elle, les piles chargées à bloc, confiante pour le futur et sachant chez qui frapper en cas de difficultés.


Si la préparation à l’accouchement est essentielle, il n’en reste pas moins que la période post-accouchement elle aussi est critique.


Il me semble important d’en parler de manière assez approfondie en cours de préparation à la naissance et d’y consacrer du temps. Ou de se renseigner par soi-même ou en échangeant avec d’autres femmes. Quand on sait, on vit tout de suite mieux les choses.


Votre corps a besoin de repos, de soins et de temps. Et vous avez aussi besoin d’une oreille attentive qui soit dans la compréhension, pas dans le jugement. C’est aussi ça qui fera la différence dans le vécu de votre post-partum.


Dans de nombreux pays d’Afrique et d’Asie, une femme qui vient d’accoucher doit se reposer durant quarante jours. C’est alors la famille qui prend le relais de manière à ce que la jeune mère se remette de ses couches.

En France, pas vraiment le temps de se reposer. Il faut avant tout chercher un mode de garde, parfois difficile à trouver, sevrer vite son enfant pour pouvoir, dix semaines après sa naissance, être de nouveau au travail.

Tout cela se fait généralement en couple dans le meilleur des cas, seule dans la majorité des cas : le compagnon/compagne travaille, est absent ou encore n’existe pas dans le cas de parcours de PMA menés seule. Et il n’est pas rare que la famille soit loin, ne pouvant prêter main forte : vive la famille nucléaire !


Or même si nous sommes à la maison, nous n’avons pourtant que très peu de temps. Car nous sommes sur le pont le jour et la nuit. Nous profitons des heures de sommeil de notre enfant pour nous précipiter sous la douche, manger et dormir quelques heures avant d’affronter la nuit. Toute aide est donc la bienvenue et le partage des tâches est essentiel. Le compagnon/compagne doit prendre da part. S’occuper d’un enfant n’est pas l’apanage de la mère.


Une chose est sûre, ne restez pas isolée avec vos douleurs, votre fatigue, vos craintes et toute l’organisation du futur qui pèse sur vous. Demandez de l’aide à vos proches, famille et amis. Et entourez-vous de professionnels humains et compétents.


A mon sens, c’est la clef pour bien vivre cette période post accouchement éprouvante pour le corps et l’esprit.


Et vous, comment avez-vous vécu cette période ? Y-a-t-il des choses que vous ne saviez pas et qui vous ont particulièrement surprises ? Avez-vous envie de les partager afin que les autres sachent ?


A vos claviers ! N’hésitez pas à laisser un commentaire.


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Diane Léonor a écrit un premier livre « Deux corbeaux et une cigogne » à paraître aux Éditions Michalon. Elle y raconte le vécu de fausses couches consécutives et l’accompagnement des soignants. Mais aussi le bonheur de la grossesse et d’un accouchement choisi.

Pour aider les couples, elle a créé le site Gloria Mama où on retrouve les enjeux et les messages clefs de son histoire ainsi qu’un podcast du même nom. Florilège de témoignages de femmes du monde entier et d’interviews de professionnels, elle invite à s’interroger sur ce que les femmes souhaitent pour que leur grossesse et accouchement restent des moments uniques de leur vie, vécus de manière positive et respectés par le corps médical.


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